Évaluation de la campagne de sensibilisation sur les rejets de margines dans le bassin de la Medjerda

Au cours de ses expéditions scientifiques autour du fleuve Medjerda, Exploralis a constaté que dans la période de récolte des olives, on retrouve des parties du fleuve complètement noircies par des déversements de margines.


Les margines sont des déchets du processus d’extraction de l’huile d’olive. Ce sont des effluents visqueux, acides, riches en matières organiques et en polyphénols qui, déversés en surdose dans l’oued peuvent avoir des effets néfastes sur l’écosystème de l’oued et sur les populations qui en dépendent.

Exploralis a lancé une campagne de sensibilisation qui a  duré deux semaines dans la ville de Béja pour attirer l’attention des populations envers ce danger et a tenté de rappeler l’importance de l’oued en citant quelques statistiques et en affichant les images d’un écolier et d’un agriculteur tenant un verre d’eau visiblement contaminé par les margines.

Une semaine après le commencement du projet, une équipe s’est déplacée pour mener un sondage auprès des passants au centre-ville de Béja, afin de mesurer l’écho de la campagne dans la rue.

50 personnes ont accepté de participer à ce sondage, 30% sont des femmes et 70% sont des hommes, leurs âges variant de 17 à 75 ans.

  • 35% des participants disent avoir vu ou entendu parler de la campagne de sensibilisation. Tandis que le reste ne l’ont jamais remarqué.
  • 47% disent avoir saisi le message communiqué et peuvent même s’en rappeler. Alors que 53% disent ne pas s’en rappeler ou ne pas l’avoir compris. Certain disent qu’ils ne savent pas lire, d’autres disent qu’ils ne savent pas ce que sont les margines.
  • Seulement 10% se rappellent du chiffre donné dans la campagne sur le nombre d’hectares de terres agricoles irrigués par les eaux de Medjerda. 57% disent ne pas avoir d’idée et 33% ont pu donner un chiffre approximatif.
  • 16% des personnes interviewées ont pu donner le chiffre évoqué dans la campagne sur le nombre de tunisiens fournis en eau potable depuis Medjerda. 53% disent ne pas avoir d’idée et 31% ont donné des chiffres par trop éloignés.
  • 76% affirment que le déversement des margines dans l’oued représente un danger, tandis que 18% ne le pensent pas. 6% hésitent et disent qu’il ne sont pas sûrs. Certains disent que puisque c’est de la matière organique et pas chimique, alors ça ne devrait pas être dangereux.
  • 90% disent être convaincus par la campagne et la soutiennent. 6% disent ne pas être d’accord, et disent ne pas être sûrs.  

Cette campagne fut une occasion de raviver le débat autour de cette problématique et d’éduquer les citoyens sur l’importance de préserver l’oued, d’autres actions pourront être envisagées auprès des populations rurales et des enfants de la région pour mieux parler de la fragilité des écosystèmes naturels et des conséquences parfois irréversibles que peut causer la pollution.