La haie de Benjes : une haie morte qui se transforme en haie vive! 

L’urbanisation et l’agriculture moderne intensive ont résulté en une diminution des espaces disponibles pour la biodiversité et en leur fragmentation. Conséquemment, de nombreux animaux et végétaux ont perdu leurs habitats naturels. Ce problème a été constaté particulièrement en Allemagne depuis les années 1950. Cela a inspiré Hermann Benjes, naturopathe, biologiste, écologiste, et auteur allemand. Il cherchait donc des moyens efficaces pour restaurer les habitats naturels perdus. Pionnier de la construction des haies, il a ainsi inventé vers les années 80 une technique de plantation de haie qui porte son nom, la haie de Benjes. 

La haie de Benjes, appelée aussi haie morte ou encore haie sèche, est une technique similaire au plessage. Ce dernier consiste en la taille et le tressage des haies vivantes formant ainsi une clôture végétale naturelle. Mais dans le cas de la haie morte, on utilise du bois mort!  

haie de Benjes

Généralement, les haies vivantes nécessitent assez de ressources et de temps. Au contraire, les haies de Benjes sont faciles à réaliser, et sont peu coûteuses. En effet, il suffit d’installer deux rangées de piquets, et d’entasser du bois entre elles. Cette haie peut être montée petit à petit selon les ressources et les matières disponibles. On peut y mettre des branchages, des racines, des résidus de taille, etc. Mais il faut faire attention à ne pas en abuser pour construire rapidement la haie.

Alors comment construire une haie de Benjes correctement?

Comme on l’a déjà indiqué, la première étape c’est de planter des piquets, à intervalles réguliers, pour tracer la haie. Par la suite, on peut tout simplement y entasser du bois mort dans le sens de la longueur. Ou bien, on peut plesser et tresser les branchages avant de les mettre. Il est également possible de remplir les espaces vides avec des feuilles mortes ou autres matières organiques. L’intérêt de construire progressivement la haie de Benjes, c’est de ne pas gaspiller les matières organiques dont on dispose. Il s’agit d’en tirer profit en les intégrant dans la haie à chaque fois qu’on taille des arbres ou qu’on collecte les feuilles mortes. Il est néanmoins important de ne pas trop entasser ces matières, afin de laisser place aux arbres et arbustes pouvant se ressemer.

Au fil du temps, la haie de Benjes va se décomposer petit à petit. Ainsi, elle peut enrichir le réseau trophique existant dans une ferme ou même dans un jardin. Outre, elle permettra de créer de nouvelles chaînes alimentaires en apportant des éléments nutritifs à l’écosystème. La haie de Benjes peut également accueillir une myriade d’espèces fauniques auxiliaires. Ainsi, elle contribue au maintien de la biodiversité, en offrant refuge à de nombreux insectes, mammifères de petite taille, etc. 

La haie de Benjes ressuscite!

La matière organique accumulée et décomposée forme une couche qui fortifie la fertilité du sol. L’ humus accumulé, ainsi que les déjections des animaux qui visitent la haie, fournissent les nutriments nécessaires pour les graines qui peuvent ensemencer le sol. En effet, les graines des végétaux environnants peuvent être transportées vers la haie de Benjes par le vent ou à travers les déjections. Petit à petit, on observe des plantes pousser et des rameaux prendre racine. D’ailleurs c’est exactement l’idée de base de Herrman Benjes l’inventeur de la haie sèche: créer  un environnement propice à la poussée naturelle d’une haie constituée d’une variété d’essences locales. 

En attendant qu’une haie vive se crée d’elle-même, on peut se servir des prélèvements de l’humus à la base de la haie de Benjes pour enrichir le sol des autres cultures. Elle peut également aider certains légumes à grimper, comme les courges par exemple.
Quelque soit son état, sèche ou vivante, la haie de Benjes agit comme un coupe-vent et crée un microclimat favorable aux cultures potagères. 

 

 

 

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